GALERIE

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Galerie Jean Greset / Vingt-cinq années d’activité

Depuis l’automne 1986, avec la création de la Galerie. G, Jean Greset est un acteur principal de la vie artistique de la Région Franche-Comté. En 1993 son activité s’est prolongée et étendue avec la Galerie Zéro, l’infini, qui possédait une antenne à Paris. Aujourd’hui, depuis deux ans, il dirige la Galerie Jean Greset dont la vitrine est à Besançon. En près de vingt-cinq ans, son activité de galeriste a permis d’imposer aux regards de la province un bon nombre d’artistes autour du fil directeur de l’abstraction géométrique dont on a pu voir les expressions de Madi avec Carmelo Arden Quin, à Aurelie Nemours et aujourd’hui l’art Concret, avec Ode Bertrand, Vera Molnar, Cécile Bart, Jean-François Dubreuil, Jean Brault ou encore Sigurd Rompza, Hans Glattfelder. Le repérage dans cette mouvance de la géométrisation de l’espace pictural qu’elle prenne le nom d’abstraction, d’art concret, d’art construit ou d’art géométrique, constitue la dimension et la ligne de force de son activité d’exposition. Cela le situe comme référence majeure sur le territoire français en la matière. Il est d’autre part un initiateur accueillant de jeunes artistes prometteurs comme, par exemple, Hugo Schüwer-Boss et ses « abstractions trouvées » ou les déjà confirmés, dont on a pu voir à Besançon les premières expositions, Christophe Cuzin, Bruno Rousselot et Michael Eul. Cependant ce travail de fond sur cette mouvance rigoureuse s’accompagne d’échappées qui éclairent par contraste, c’est notamment le travail effectué avec Claude Viallat, Arthur Aeschbacher, Michel Seuphor, Jean Messagier, Bernard Aubertin, Herbert Zangs, ou encore Didier Demozay, Cette ligne de force qui permet de faire voir les évolutions de l’abstraction et qui en expose les facettes les plus extrêmes, les plus radicales  et les plus contradictoires, agit en imposant au-delà des modes la logique de la rigueur. Mais ce regard de référence s’accompagne de la mise en évidence d’autres individualités que la galerie montre tout aussi généreusement, par exemple Didier Marcel qui fit à la Galerie. G sa première exposition et qui est régulièrement montré, ou encore Loïc Raguénès, tous deux sont issus de l’Ecole d’art de Besançon. Impliquée dans la vie locale la Galerie s’ouvre à des collaborations avec notamment le Centre d’Art Mobile du réseau ACSC. Cela a donné l’occasion de lancer un travail autour de l’art et de la poésie, avec les expositions de Jean-Luc Parant, celle des dessins de Matthieu Messagier et, prochainement celle de Gérard Duchêne. Sur un autre versant, elle est éminemment présente dans le champ de la photographie où elle montre les travaux de Jean-Luc Tartarin, Neil Folberg, Lin Delpierre ou Stephan Girard, et par sa présence notamment à Paris Photo.

L’intérêt d’une telle galerie, outre son activité de base qui bien évidemment la justifie, réside dans l’éclairage qu’elle apporte, par sa présence même à la logique territoriale des politiques de l’art. En contrepoint à la logique d’animation culturelle qui meut les institutions, elle met en avant la notion d’œuvre, d’objet d’art et de collection. Inscrite dans le localisme elle est l’agent premier de ce qu’on peut appeler l’école de Besançon [1], c’est-à-dire une généalogie de la création plastique à partir des deux piliers que sont Jean Messagier et Jean Ricardon, mais que l’on peut faire remonter à Courbet et Pointelin, et dans laquelle on retrouve bon nombre de ceux qui ont fait leurs premiers pas dans la galerie comme Didier Marcel ou des confirmés comme Gérard Collin-Thiébaut. Ouvrant son espace à cette jeune création, elle la défend et la montre au niveau international dans les foires comme Art Brussels, Artissima Turin, Art Zürich, Paris Photo ou Art Paris,

C’est en cela qu’elle est creuset de ce qui se génère de nouveauté au niveau local en montrant par exemple Jérôme Conscience, Thierry Bernard, Joffrey Pleignet, Hugo Schüwer-Boss, Thomas Henriot, Barbara Puthomme. Ce qui constitue sa seconde ligne de force. Vingt-cinq années de présence l’ont imposée comme à la fois ce qui fait découvrir l’extérieur et comme ce qui révèle l’intérieur, ce qui en fait un acteur vraiment vivant et sollicité dans une ville, un peu sinistrée où il n’y a pas d’autres lieux d’art, mais, cependant une véritable acuité artistique qui reçoit avec intérêt et bienveillance les expressions tant européennes, asiatiques qu’américaines avec entre autres Vladimir Skoda, Robert Schad, Harald Schmitz-Schmelzer, Takesada Matsutani, Alan Ebnother, Matt Mc Clune, John Nixon, Christina Renggli et Roy Thurston.

 

Louis Ucciani.


[1] Voir Alexandre Rolla et Centre d’art Mobile, Document d’arpentage, in January 5-31.2009.